Bâtiment et travaux

RGE et aides à la rénovation : ce qui a changé et ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Depuis le début de 2026, les règles encadrant les aides à la rénovation énergétique ont connu plusieurs bouleversements. Certains travaux ont été exclus des dispositifs existants, les contrôles se sont renforcés, et le calendrier réglementaire s’accélère. Pour les propriétaires qui envisagent des travaux, une condition reste intangible : l’artisan doit être certifié RGE.

Le label RGE, pierre angulaire du système d’aides

Le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) n’est pas un simple badge de qualité. C’est la condition sine qua non pour accéder à MaPrimeRénov’, aux primes des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) ou à l’éco-PTZ. Sans artisan certifié, aucune de ces aides n’est accessible. Pour comprendre précisément ce mécanisme d’obligation, la page consacrée à l’aide rénovation énergétique l’explique en détail.

Depuis le 1er octobre 2025, les exigences pour obtenir ou renouveler cette certification ont été revues à la hausse. Les professionnels doivent désormais justifier de compétences renforcées sur trois axes : l’isolation thermique, les systèmes de chauffage décarboné et la rénovation globale. Une formation agréée suivie d’un examen de validation est obligatoire. Par ailleurs, une visite préalable du chantier est requise avant tout démarrage des travaux éligibles à MaPrimeRénov’, avec mention obligatoire de la date sur le devis et la facture.

MaPrimeRénov’ 2026 : un dispositif qui se resserre

Après les turbulences de 2025, marquées par plusieurs fermetures successives du guichet, MaPrimeRénov’ a rouvert pour tous les ménages le 23 février 2026. Mais les règles ont changé. Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus éligibles au parcours par geste. Restent accessibles, entre autres, les pompes à chaleur air/eau, les chauffe-eau thermodynamiques, l’isolation des combles ou la VMC double flux.

Le dispositif se structure toujours en deux parcours. Le parcours par geste finance des travaux isolés, sous conditions d’ancienneté du logement (au moins 15 ans en métropole) et de résidence principale. Le parcours accompagné, lui, cible les rénovations d’ampleur avec un gain minimum de 2 classes DPE : il peut couvrir jusqu’à 90 % du coût des travaux pour les ménages très modestes, dans la limite de 30 000 € pour un gain de 2 classes (40 000 € pour 3 classes ou plus). Depuis 2026, les logements classés D ou mieux n’y sont plus éligibles.

Autre signal d’alerte : à partir de septembre 2026, de nombreux monogestes devraient disparaître du dispositif. Les propriétaires qui hésitent encore ont donc intérêt à ne pas repousser leur décision. Pour les maisons individuelles classées F ou G, une date butoir se profile également : au 1er janvier 2027, elles basculeront obligatoirement vers le parcours de rénovation d’ampleur.

Vigilance sur le choix de l’artisan

La certification RGE doit être vérifiée avant la signature du devis, et non après. Certains signes doivent alerter : absence de mention RGE sur le devis, pression à la signature, aucune visite préalable proposée. Le démarchage téléphonique non sollicité dans le secteur de la rénovation énergétique est d’ailleurs interdit depuis juillet 2025. Tout appel de ce type peut être signalé sur SignalConso.gouv.fr.

En 2025, l’Anah a soutenu la rénovation de près de 380 000 logements pour un total de 4,39 milliards d’euros d’aides. Ces chiffres témoignent de l’ampleur du système, et de ce qu’un ménage peut perdre s’il fait appel à un artisan non certifié : aucune aide perçue, et un risque de remboursement en cas d’irrégularité constatée.